Le blog de Sophie

Pinte­rest et Insta­gram au service du visual marke­ting : quand les marques s’em­parent de l’UGC

Parce que : « A picture is worth more than a thou­sand words » (une image vaut mieux qu’un long discours), les réseaux sociaux de conte­nus visuels (avec Insta­gram et Pinte­rest en tête) sont en passe de deve­nir les plate­formes sur lesquelles il faut désor­mais impé­ra­ti­ve­ment se trou­ver en 2015. Ces réseaux sociaux (basés sur un contenu pure­ment visuel) sont en crois­sance constante et comptent de plus en plus d’uti­li­sa­teurs.

Géné­ra­teurs d’en­ga­ge­ments et de conver­sions, ces réseaux consti­tuent un outil de marke­ting orga­nique (gratuit) incon­tour­nable. Majo­ri­tai­re­ment investi par des femmes (lesquelles sont une cible marke­ting privi­lé­giée) et consti­tués de visuels prin­ci­pa­le­ment géné­rés par les utili­sa­teurs eux-mêmes (UGC), ils permettent aux entre­prises de dispo­ser d’une manne impor­tante de conte­nus, laquelle aura pour double avan­tage d’hu­ma­ni­ser la marque, tout en commu­niquant avec un inves­tis­se­ment en termes de temps et d’argent quasi nul.

User Generated Content - UGC

Social Media has tren­ded towards visual content. In the past two years, Face­book lunched Time­lines, Pinte­rest became the third popu­lar social network, and Google+ relaun­ched with a visual-centric inter­face. Visual content allows you to craft a distinct brand iden­tity, garner new inter­est, and connect on an emotio­nal level with custo­mers and fans – News­cred

Traduc­tion :

La tendance actuelle, sur les réseaux sociaux, est au contenu visuel. Au cours des deux dernières années, Face­book a lancé la « photo de couver­ture », Pinte­rest est devenu le troi­sième réseau social le plus popu­laire et Google Plus a centré son inter­face sur le visuel. Le contenu visuel vous permet de construire une iden­tité de marque distincte, de soule­ver de nouveaux inté­rêts, et de vous connec­ter émotion­nel­le­ment avec vos clients et vos fans.

C’est en tant qu’o­ra­teur, lors de l’évé­ne­ment InnoCom 2015 sur le Marke­ting Digi­tal, qu’EXIT Studio a eu l’op­por­tu­nité de présen­ter ce sujet.

Pinterest et Instagram au service du visual marketing - quand les marques s'emparent de l'UGC - Exit Studio

Qu’est-ce que l’UGC exac­te­ment ?

L’UGC, pour User Gene­ra­ted Content (contenu généré par l’uti­li­sa­teur) repré­sente l’en­semble des conte­nus créés par les inter­nautes sur les réseaux sociaux (notam­ment). Il est à mettre en oppo­si­tion avec le contenu tradi­tion­nel produit, vendu ou diffusé par les entre­prises et marques. Ainsi, les avis et commen­taires de consom­ma­teurs ou de visi­teurs, les vidéos sur Youtube, les photos publiques sur les réseaux sociaux, etc. sont de l’User Gene­ra­ted Content (UGC).

Wiki­pé­dia consti­tue un parfait exemple de site dont le contenu est unique­ment généré par des utili­sa­teurs. De même, lorsqu’au restau­rant, vous prenez des photos de votre plat avec votre smart­phone avant de les publier sur les réseaux sociaux, vous géné­rez de l’UGC.

User Generated Content - UGC

Employé à des fins marke­tings, l’UGC compte de nombreux avan­tages :

  • L’UGC permet de géné­rer du contenu à un coût – en termes de temps et d’in­ves­tis­se­ment finan­cier – quasi nul. En effet, produit par les inter­nautes, il ne demande pas de frais inhé­rents, par exemple, à la créa­tion d’un site web (frais de créa­tion, d’achat de nom de domaine, d’hé­ber­ge­ment inter­net, etc.), à l’ali­men­ta­tion d’un blog, aux partages sur les réseaux sociaux, etc. ;

User Generated Content - UGC - coût zéro

  • L’UGC a beau­coup plus d’in­fluence sur les inter­nautes qui accordent davan­tage leur confiance à un contenu produit par un autre utili­sa­teur que par la marque elle-même ;

User Generated Content - UGC - influence

  • L’UGC peut faci­le­ment huma­ni­ser une marque en créant autour d’elle une commu­nauté, ce qui va fidé­li­ser ou trans­for­mer l’opi­nion des utili­sa­teurs ;

User Generated Content - UGC - humanise

  • L’UGC, non content de ne deman­der aucun inves­tis­se­ment, génère des conver­sions, qu’il s’agisse de l’amé­lio­ra­tion de l’image de marque, de l’aug­men­ta­tion des reve­nus par un accrois­se­ment des ventes ou encore d’un nombre de visites plus impor­tant sur le site ;

User Generated Content - UGC - conversion

Mais ces nombreux avan­tages n’ar­rivent pas seuls. En effet, qui dit créa­tion de contenu par les utili­sa­teurs dit égale­ment perte de contrôle sur la qualité et la perti­nence de ceux-ci. C’est la raison pour laquelle les logi­ciels de cura­tion de contenu accom­pagnent leurs services d’un système de modé­ra­tion (nous le verrons au point suivant). Bien entendu, si l’UGC se déve­loppe par lui-même autour d’une marque de qualité, le problème peut très bien ne jamais se poser.

UGC campai­gns are an excellent way to collect crea­tive mate­rial for marke­ting purposes, to get photos of your products on the social web and to drive sales and brand enga­ge­ment. And images can be espe­cially useful in driving appa­rel sales […] Luis Sanz, co-foun­der of photo aggre­ga­tor Olapic, says custo­mers engage more with photos than with text reviews, which could lead to a 5x increase in inter­ac­tions. Conver­sion rates on product pages that include custo­mer photos can increase up to 30% – Mashable

Traduc­tion :

Les campagnes UGC consti­tuent un excellent moyen de collec­ter de manière créa­tive des conte­nus à des fins de marke­ting, afin d’avoir des photos de ses produits sur les réseaux sociaux mais égale­ment afin d’en­gran­ger des ventes et un enga­ge­ment envers la marque. Les images sont parti­cu­liè­re­ment utiles lorsqu’il s’agit d’aug­men­ter les ventes, dans le domaine vesti­men­taire. Luis Sanz, co-fonda­teur d’Ola­pic, estime que les consom­ma­teurs s’en­gagent davan­tage lorsqu’il y a des photos que s’il n’y a que du texte, ce qui pour­rait amener jusqu’à 5 fois plus d’in­te­rac­tions. Les taux de conver­sion sur les pages produits qui incluent des photos des consom­ma­teurs peuvent augmen­ter de 30%.

Réseaux sociaux, UGC et sites e-commerce : comment faire le lien ?

Plusieurs outils offrent aux entre­prises des solu­tions leur permet­tant de collec­ter, trai­ter puis implé­men­ter les conte­nus issus de l’UGC sur leurs sites.

Cura­late est l’un d’entre eux. Le nom de Cura­late n’a pas été choisi par hasard. Il est issu du terme « cura­tion », lequel, appliqué à l’UGC, consiste à sélec­tion­ner, éditer et parta­ger les conte­nus les plus perti­nents du Web (à travers notam­ment les réseaux sociaux) pour une requête donnée (et ce, à l’aide d’al­go­rithmes).

L’émer­gence de ce terme témoigne de l’in­suf­fi­sance des seuls moteurs de recherche pour trou­ver du contenu vrai­ment perti­nent sur une théma­tique donnée. À la diffé­rence d’un blogueur, la cura­tion n’im­plique pas la créa­tion de contenu, elle se contente de contex­tua­li­ser ce qu’elle collecte. La cura­tion est une manière rapide et peu coûteuse d’ali­men­ter un site sans produire soi-même de contenu.

UGC - Curalate - Fanreel - Fonctionnement

De surcroît, le contenu ainsi mis en avant permet d’amé­lio­rer son réfé­ren­ce­ment natu­rel sur les moteurs de recherche.

Cura­late fait appel à des algo­rithmes de recon­nais­sance d’image pour retrou­ver, sur les réseaux sociaux (Pinte­rest, Insta­gram, Tumblr et Face­book notam­ment), les images créées par des utili­sa­teurs qui commu­niquent sur une marque en parti­cu­lier. L’une de ses solu­tions (bapti­sée Fanreel) permet de récu­pé­rer l’UGC et d’en faire des gale­ries photos, direc­te­ment implé­men­tées sur le site e-commerce de la marque.

http://www.youtube.com/watch?v=X8iVa5gq2lI&w=0

Fanreel, c’est son nom, aide les marques à réper­to­rier les photos hash­ta­guées sur les réseaux sociaux pour ensuite les affi­cher sur leurs sites d’e-commerce, avec le feu vert juri­dique du consom­ma­teur. Après avoir sélec­tionné le cliché digi­tal généré par un inter­naute, chaque marque peut égale­ment lier l’image aux pages produits de ses plates-formes d’achat online. Vous avez dit révo­lu­tion ? – Influen­cia.net

UGC - Curalate - Fanreel - comment ça marche

Un second outil, baptisé cette fois Olapic, offre les mêmes services.

Olapic - UGC - comment ça marche

Insta­gram et l’UGC

Instagram et l'UGC

Insta­gram, en 2015, c’est 300 millions de membres, dont 800.000 utili­sa­teurs actifs quoti­diens. C’est 30 milliard de photos publiées sur le réseau dont 70 millions sont publiées chaque jour. En moyenne, 60 photos, 575 likes et 81 commen­taires sont ajou­tés chaque seconde. Enfin, 46% des utili­sa­teurs suivent des marques.

Le réseau social a actuel­le­ment le vent en poupe et génère un enga­ge­ment de plus en plus impor­tant de la part de ses utili­sa­teurs que ne le fait Face­book.

Forres­ter reports that Insta­gram posts gene­ra­ted 58 times more enga­ge­ment per follo­wer than Face­book and 120 times more enga­ge­ment on Twit­ter. If your brand is not finding success on Face­book, try Insta­gram in 2015. The social network isn’t reser­ved for youth-centric brands, either. Compa­nies inclu­ding Gene­ral Elec­tric and Ford Motor Company have found success on this network – Social Media Today

Traduc­tion :

Forres­ter rapporte que les publi­ca­tions d’Ins­ta­gram génèrent 58 fois plus d’en­ga­ge­ment par « follo­wer » que Face­book, et 120 fois plus d’en­ga­ge­ment que sur Twit­ter. Si votre marque ne trouve pas le succès sur Face­book, essayez Insta­gram en 2015. Le réseau social n’est pas réservé qu’aux marques ciblant la jeunesse. Des entre­prises telles que Gene­ral Elec­tric et Fort Motor ont trouvé le succès sur cette plate­forme.

Le système de recherche du réseau social Insta­gram fonc­tionne sur la base de « hash­tags ». Ainsi, les indi­vi­dus avides de parta­ger au plus grand nombre leurs photo­gra­phies, ajou­te­ront parci­mo­nieu­se­ment un certain nombre de termes en rela­tion directe avec le contenu de l’image. D’où l’évo­ca­tion de grandes marques, dans le domaine du prêt à porter notam­ment, lesquelles n’hé­sitent plus à tirer profit du réseau à l’aide de campagnes au nom évoca­teur.

Ce fut le cas de Calvin Klein et de sa campagne #MyCal­vins, moyen simple et effi­cace de géné­rer aisé­ment de l’UGC de la part de sa commu­nauté (une clien­tèle dite « quali­fiée »).

UGC Campagne Calvin Kleins #MyCalvins

Pinte­rest et l’UGC

Pinterest et l'UGC

Pinte­rest, en 2015, c’est 48,7 millions de membres dont 65 à 80% des utili­sa­teurs sont des femmes. Or, les femmes sont de loin les cibles les plus recher­chées et privi­lé­giées dans le marke­ting B2C. En effet, ce sont en majo­rité les femmes qui prennent les déci­sions d’achat, ce sont elles qui dépensent le plus d’argent et/ou qui réalisent les achats pour d’autres personnes.

Accor­ding to research from RJ Metrics, 80% of Pinte­rest users are female, and 92% of all the pins (or shares) on Pinte­rest are made by women. Sure, women also enjoy other social media sites, too, and they might be very active on those sites. But if you need to reach out to women and you’re not using Pinte­rest, it’s clear that you could be leaving at least some of your audience in the dark – Search Engine Jour­nal

Traduc­tion :

Selon les résul­tats de recherche issus de RJ Metrics, 80% des utili­sa­teurs Pinte­rest sont des femmes et 92% de tous les « épin­glages » sur Pinte­rest sont réali­sés par des femmes. Bien entendu, les femmes appré­cient égale­ment d’autres réseaux sociaux, et elles peuvent s’y montrer très actives. Cepen­dant, si vous dési­rez atteindre les femmes mais que vous n’em­ployez pas Pinte­rest, il est clair que vous lais­sez là de côté une part impor­tante de votre audience.

Il est, de ce fait, devenu essen­tiel pour toute acti­vité commer­ciale de cibler en prio­rité les femmes. C’est la raison pour laquelle, malgré des statis­tiques bien en dessous de ses homo­logues (tel qu’Ins­ta­gram ou encore Face­book), Pinte­rest est un réseau à inves­tir.

Pinte­rest est consi­déré comme un réseau social davan­tage tourné vers l’e-commerce. Beau­coup d’in­ter­nautes l’uti­lisent pour décou­vrir de nouveaux produits, se créant des listes d’idées et d’achat, recher­chant des « looks » (tenues), lesquels pour­ront géné­rer des ventes si la boutique qui les propose a intel­li­gem­ment lié ses photos à la fiche e-commerce corres­pon­dante. À ce titre, les images de produits diffu­sées sur Pinte­rest génèrent jusqu’à 80% d’in­ten­tion d’achat supplé­men­taire. Enfin, notons que Pinte­rest envi­sage d’of­frir la possi­bi­lité d’im­plé­men­ter un bouton d’achat au sein même de ses épingles.

Désor­mais incon­tour­nable dans le secteur du e-commerce, Pinte­rest est aujourd’­hui le 3ème réseau social géné­rant le plus de conver­sion sur un site de ventes en ligne. Avec plus de 70 millions d’uti­li­sa­teurs actifs dans le monde, ce réseau social basé sur le partage d’images vous offre un panel de possi­bi­li­tés, que vous soyez une petite boutique en ligne fraî­che­ment ouverte ou encore une marque déjà connue des e-shop­pers. Pinte­rest vous permet ainsi de déve­lop­per ou de renfor­cer l’image de votre marque autour d’une commu­nauté à travers la promo­tion de l’en­semble de votre offre dans le but d’étendre votre visi­bi­lité et de boos­ter votre chiffre d’af­faires – Lengow.fr

Ways of Marketing to Women Online

Pinte­rest is all about it [visuals] and is the leading social network among women. Until recently, Pinte­rest was all about orga­nic (nonpaid) marke­ting but has begun rolling out adver­ti­se­ments (Promo­ted Pins) to a select group. Ecom­merce sites will be parti­cu­larly inter­es­ted in them, as 23 percent of all visits to them come through Pinte­rest, accor­ding to Busi­ness Insi­der – Social Media Today

Traduc­tion :

Pinte­rest ne touche qu’au visuel et consti­tue le premier réseau social chez les femmes. Jusqu’à récem­ment, Pinte­rest ne touchait qu’au marke­ting dit orga­nique (non payant) mais a commencé à déployer la publi­cité payante (avec des « épingles » mises en avant) à un groupe restreint. Les sites e-commerces se montre­ront sans doute parti­cu­liè­re­ment inté­res­sés lorsqu’on sait que 23% de leurs visi­teurs proviennent de Pinte­rest, selon les chiffres rappor­tés par Busi­ness Insi­der.

Sur Pinte­rest, l’UGC est de nature plus créa­tive. En effet, les utili­sa­teurs du réseau épinglent des conte­nus, lesquels deviennent visibles sur le mur de leurs abon­nés. De fil en aiguille, le contenu se propage ce qui permet ainsi aux marques de commu­niquer sur leurs produits. La créa­tion de tableau équi­vaut à une créa­tion de contenu à propre­ment parlé (UGC).

Le moteur de recherche du réseau fonc­tion­nant égale­ment partiel­le­ment sur la base de hash­tags (comme Insta­gram), les marques n’hé­sitent pas à s’en servir pour faire parler d’elles. Ainsi, sur Pinte­rest, les marques incitent leurs fans à géné­rer de l’UGC en uploa­dant du contenu puis en inci­tant à l’ « épin­glage » à l’aide de concours (notam­ment).

Ikea, avec sa campagne #myIKEA­be­droom, invite l’uti­li­sa­teur à créer un tableau de sa chambre idéale en compi­lant (via le profil Pinte­rest d’Ikea) les « épingles » des photos de meubles et d’objets de déco­ra­tions de la marque Suédoise.

Campagne Ikea #myIKEAbedroom sur Pinterest

« À quoi ressem­ble­rait la chambre de vos rêves ? Créez un tableau avec le hash­tag #myIKEA­be­droom et compi­lez les pins qui repré­sentent votre chambre idéale. Les 3 tableaux les plus créa­tifs seront sélec­tion­nés et réali­sés dans nos maga­sins IKEA à Zaven­tem, Ander­lecht ou Hognoul. En plus, vous pouvez gagner l’un des 3 chèques-cadeau IKEA mis en jeu (d’une valeur de 1000 €) pour réali­ser cette chambre chez vous. Le concours se déroule du 29/01 au 28/02/15 inclus. Bonne chance ! »

http://www.youtube.com/watch?v=LobUpPRT_7E

Plus origi­nal encore, à l’oc­ca­sion de la réou­ver­ture d’un de ses maga­sins, Ikea Malai­sie a mis à l’épreuve la créa­ti­vité de ses futurs clients en leur deman­dant de se dégui­ser en un des produits de la marque. Résul­tat ? Une campagne de commu­ni­ca­tion réus­sie.

Ikea Malaisie Campagne

L’UGC dans le prêt à porter

Véri­table pilier de l’UGC, le consom­ma­teur lambda appa­raît de plus en plus comme un nouveau levier des marques […] Au lieu de mettre en avant un modèle aux mensu­ra­tions trop parfaites pour être communes, les marke­teurs préfèrent utili­ser des gens qui ressemblent à la moyenne des ache­teurs […] Pour les acteurs du marché du prêt à porter online, les photos postées par ses cibles sur leurs comptes Insta­gram, Face­book, Twit­ter et Pinte­rest tendent désor­mais à rempla­cer les shoo­ting profes­sion­nels en studio pour cata­logues de corps de rêve – Influen­cia.net

Black Milk Clothing

Black Milk Clothing

La marque austra­lienne Black Milk Clothing est un parfait exemple de la récu­pé­ra­tion d’UGC dans le domaine du prêt à porter. Sur leur site, les photos de mannequin au corps impec­cable côtoient des photo­gra­phies de consom­ma­teurs lambda revê­tus des fameux swim­suits et autres leggings. Alors qu’à première vue, nous pour­rions nous deman­der dans quelle mesure ces tenues pour­raient être portées – et surtout, à quoi nous pour­rions bien ressem­bler dedans – l’uti­li­sa­tion d’UGC issus de leurs ache­teuses fini de nous convaincre.

Black Milk Clothing - e-commerce - modèle

Pour ce faire, la marque indique clai­re­ment sur son site comment nous permettre de voir nos photo­gra­phies affi­chées sur son site : « Tag your photos using #bmasas­sy­na­tion­bo­dy­suit on our Face­book or Insta­gram » (un simple « hash­tag » sur nos photos suffit donc).

Black Milk Clothing UGC

Mais ce n’est pas tout. Autour de la marque s’est créée une véri­table base de fans que l’on peut aisé­ment retrou­ver sur la plupart des réseaux sociaux. Dans la FAQs du site de BlackMilk Clothing, on nous indique même quel est le groupe Face­book permet­tant l’achat et la vente de modèles d’oc­ca­sion :

« Where can I find this cool ‘swap’ Face­book group set up by all the fan girls ? face­book.com/groups/black­milk­sells­wap­buy/ ».

La commu­nauté de fans est telle que l’on retrouve diffé­rents groupes privés (sur Face­book notam­ment), issus de diffé­rents pays, sur lesquels les fans de la marque peuvent parta­ger des photos, discu­ter des dernières créa­tions et bon plans et orga­ni­ser des rencontres, toutes habillées de la marque.

Black Milk Clothing humanisé par sa communauté de fans

L’on peut aisé­ment consi­dé­rer Black Milk Clothing comme l’un des précur­seurs dans l’ex­ploi­ta­tion de l’UGC dans le domaine du prêt à porter (ce qui explique à la fois son succès, mais égale­ment la quan­tité astro­no­mique d’UGC, issue de sa commu­nauté de fans, sur chaque page produit de son site e-commerce).

Free People

Free People Clothing

Un autre exemple avec le site Free People.

Si dans un premier temps (dès 2012), la marque encou­rage ses clients à parta­ger sur les réseaux sociaux des photos d’eux, portant les produits de la marque, en y accom­pa­gnant le hash­tag « myfp­de­nim » :

Free People - #myfpdenim - FP & Me - 2012

Custo­mers are encou­ra­ged to upload pictures of them­selves in one of those items to Twit­ter or Insta­gram with the product hash­tag — for the Sorbet Tie Dye Jean above, the hash­tag is #fpsor­bet­tie­dye — as well as the gene­ral #myfp­de­nim hash­tag. Pending mode­ra­tor appro­val, custo­mers’ photos will appear on indi­vi­dual product pages – Mashable

Traduc­tion :

Les consom­ma­teurs sont encou­rages à uploa­der (sur Twit­ter ou Insta­gram) des photos d’eux-mêmes portant l’un des produits de la marque et accom­pa­gné du hash­tag géné­ral #myfp­de­nim (ou, pour le panta­lon Sorbet Tie Dye Jean présenté ci-dessus, le hash­tag #fpsor­bet­tie­dye). Une fois la modé­ra­tion passée, les photos des consom­ma­teurs appa­raissent sur la fiche produit corres­pon­dante.

Désor­mais cepen­dant, plus de rela­tion directe avec les réseaux sociaux. L’in­ter­naute (ache­teur) est invité à uploa­der une photo avec la tenue portée direc­te­ment sur le site et la fiche produit corres­pon­dante. On lui demande alors de se montrer davan­tage « proac­tif » (car contrai­re­ment à l’exemple précé­dent, l’in­ter­naute ne publie pas « passi­ve­ment » du contenu sur les réseaux sociaux qui sera ensuite récu­péré par la marque).

Free People - FP&Me Community

Free People website

Free People - FP&Me Community - UGC website

La page « FP & Me » regroupe l’en­semble de l’UGC collecté et modéré par la marque. Tout en haut de la page, Free People indique la marche à suivre pour espé­rer retrou­ver ses photos sur le site (prendre un cliché, retrou­ver le produit Free People sur le site et enfin y uploa­der la photo). Je dis bien « espé­rer » car, petit bémol, la modé­ra­tion semble avoir été assez sélec­tive et seuls les clichés au style « presque trop impec­cable pour avoir été pris par une ache­teuse lambda » y sont réper­to­riés (je vous laisse en juger par vous-même).

Free People - FP&Me Community

 

La ques­tion de savoir dans quelle mesure l’UGC peut se retour­ner contre une marque (je pense aux ache­teuses idéales de Free People comme à celles que la marque Aber­crom­bie & Fitch semble vouloir obte­nir, en limi­tant les vête­ments propo­sés à ses clients à la taille 38). L’hu­ma­ni­sa­tion de la marque n’aura, dans ces cas de figure, sans doute pas lieu.

Rent The Runway

Rent the runway - RTR

Je termi­nai avec l’exemple du site Rent The Runway. Rent The Runway (RTR) est une marque de prêt à porter qui permet à ses clients de louer, le temps d’une soirée, des tenues hautes coutures. La marque s’est rapi­de­ment rendue compte que ses clients parta­geaient des photos de leurs soirées, revê­tus des tenues de RTR, sur les réseaux sociaux. Ils déci­dèrent alors de lancer le projet « Our Runa­way », sorte d’an­nuaire de « moments », lequel regroupe les photo­gra­phies d’ache­teuses comme vous et moi, portant les tenues propo­sées sur leur site.

Rent the runway - RTR - e-commerce website

Mais la marque ne s’est pas arrê­tée là. Non contente de tirer parti de l’UGC généré par leur clien­tèle, Rent The Runway a égale­ment déve­loppé un outil de recherche permet­tant de consul­ter le produit de notre choix, sur un modèle qui nous ressemble. « Women Like Me » permet de consul­ter la robe de notre choix sur un modèle aux propor­tions simi­laires aux nôtre, en entrant simple­ment sa taille, son poids ainsi que son tour de poitrine.

Rent the runway - RTR - Woman Like Me

La page « Our Runway » regroupe par ailleurs l’en­semble de ces clichés et met à la dispo­si­tion des inter­nautes un outil de recherche avec des filtres avan­cés.

Rent the runway - RTR - Woman Like Me

It’s a marke­ting move that works — members who have viewed these UGC photos are 200% more likely to rent than those who have viewed a product shot on a model – Mashable

Traduc­tion :

C’est une tech­nique marke­ting qui a fait ses preuves. Les inter­nautes ayant consulté les photos issues de l’UGC ont 200% plus de chances de louer l’une de ces tenues que ceux n’ayant consul­tées que le produit porté par un mannequin.

En conclu­sion ­– l’ex­ploi­ta­tion de l’UGC par les marques sur les réseaux sociaux : un parfait mix entre perfor­mance, effi­ca­cité et renta­bi­lité

À l’ère du web 2.0., de l’avè­ne­ment des réseaux sociaux et de la mode des selfies, marques et entre­prises se retrouvent confron­tées à une masse consi­dé­rable de conte­nus. Si la créa­tion du poste de « commu­nity mana­ger » avait initia­le­ment pour but de modé­rer ces conte­nus – afin notam­ment d’évi­ter que des commen­taires néga­tifs soient lais­sés sans réponse – il se pour­rait bien que leur emploi se voit réin­venté afin de, cette fois, tirer plei­ne­ment profit de ce que les inter­nautes ont à offrir.

Le succès de plus en plus impor­tant rencon­tré par les réseaux sociaux  de contenu visuel, ouvre de nouvelles pers­pec­tives dans le domaine de l’e-commerce comme de l’e-marke­ting. L’User Gene­ra­ted Content (UGC) apporte une manne de contenu gratuit (aucun inves­tis­se­ment préa­lable n’ayant été néces­saire par la marque pour les produire), direc­te­ment créé par le consom­ma­teur lui-même, et porteur d’une opinion souvent posi­tive.

Permettre aux inter­nautes d’avoir un aperçu réel du vête­ment porté – loin des images de mannequins à la ligne impec­cable et des canons de beauté actuels – rassure au moment d’en­vi­sa­ger un achat. Car qui n’a jamais été dépité devant le miroir de la cabine d’es­sayage, face à une tenue qui allait à merveille aux mannequins H&M, mais nous fait plutôt ressem­bler à un sac à patate ? Or, l’achat en ligne ne permet pas l’es­sayage au préa­lable, et chaque achat présente une prise de risque, avec les frais et autres contraintes de renvoi que cela suppose.

Mettre en avant des femmes et des hommes de tous les jours, des indi­vi­dus lambda aux mensu­ra­tions plus diver­si­fiées mais égale­ment plus proches des nôtres, c’est égale­ment huma­ni­ser le produit et sa marque. Si l’in­ves­tis­se­ment dans des logi­ciels de collecte, de cura­tion puis d’im­plé­men­ta­tion et de statis­tique est néces­saire, les retours en termes d’images et d’in­ves­tis­se­ment restent non-négli­geable.

Certes, arrivé sur le digi­tal avec le 2.0, ​l’User Gene­ra­ted Content ne date pas d’hier. L​es marques, maisons de luxe incluses, se sont rapi­de­ment empa­rées de cette inépui­sable manne de conte­nus qui a l’atout supplé­men­taire de démul­ti­plier la conver­sa­tion [les conver­sions ?] sur le social media. Avec l’avè­ne­ment du visual marke­ting et l’es­sor des réseaux de partage d’images, l’UGC a trouvé un nouveau souffle Influen­cia.net

Voilà pourquoi les boutiques de prêt à porter qui s’en­gagent dans l’ex­ploi­ta­tion d’UGC connaissent un succès gran­dis­sant et voient leur ROI et taux de conver­sion augmen­ter de manière fulgu­rante.

User Generated Content Infographics - UGC